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Familles Plurielles : Robert Neuburger et Edith Goldbeter

Familles Plurielles : Robert Neuburger et Edith Goldbeter

« Comment les enfants construisent-ils leur sentiment de continuité au-delà des ruptures ? »

Colloque organisé par Familles Plurielles. Mars 2017
Intervention de Robert Neuburger

Robert Neuburger est psychiatre, psychanalyste, thérapeute de couples et de familles à Paris.  Il est également Professeur honoraire de psychologie clinique à l’Université Libre de Bruxelles et directeur scientifique du CEFA (Centre d’Etude de la Famille Association). 

Neuburger ouvre cette journée de conférence en axant son intervention sur la nécessité de soigner les relations, les liens dans lesquels se trouve l’enfant. Il défend en effet que, « pour que l’enfant puisse exister au mieux au carrefour de ses appartenances, il convient d’être attentif à ne pas créer de conflit de loyauté entre ses accueillants et ses parents d’origines. Pour cela, il importe que l’enfant sache que ses parents bénéficient, au moins autant que lui, de l’attention et du respect, voire des soins qui leurs sont nécessaires ».

Une des pistes abordées est celle portant sur les bénéfices de travailler avec le mythe familial qui constitue une base identitaire pour chacun des membres. Le mythe familial est définit  comme étant le ciment qui structure, unifie, donne l’identité au groupe (la famille), le différencie du monde extérieur, crée une différence. C’est ce qui constitue la « personnalité » d’une famille. 1)Neuburger, R.  « Le mythe familial ». ESF editeur. Coll. Art de la psychothérapie.. (2011). 199 p.

Dans le cas où ce support identitaire est pauvre en éléments pour l’enfant, tel que le considère Monsieur Neuburger dans « les familles qui ne sont pas de réelles familles, car elles n’ont rien à transmettre, il conviendra alors aux intervenants de réintroduire des éléments. Il peut s’agir par exemple de poser des questions telles que : votre fiston, il ressemble à qui dans votre famille ? ; Au niveau de vos parents, quelles valeurs voulaient-ils vous transmettre ? ». Robert Neuburger parle alors d’un réapprentissage de ce qu’est une famille.

En prenant le cas d’enfants devant grandir ailleurs que dans leur famille biologique, il convient également de pouvoir travailler son mythe familial et de reconnaitre la place de ses parents dans sa vie. De plus, il faudra veiller à ce que l’enfant ne se trouver pas  bloqué dans une position conflictuelle où celui-ci doit en quelque sorte choisir de s’identifier, de se sentir appartenir à un seul de ces milieux de vie, de ces systèmes (familial, accueillant, institutionnel). Travailler le mythe familial, donner une place aux parents, bien qu’ils puissent être absents physiquement, c’est permettre à l’enfant de se construire une histoire de vie, une identité où chaque partie de sa vie peut être assemblée, pensée dans un tout. 

Monsieur Neuburger considère à ce propos « qu’il est alors important de pouvoir aller chercher dans ces familles ce qui subsiste, et même dans les familles les plus dysfonctionnelles ont peut trouver des compétences qui permettent de les reconnaitre ».  Dans son livre « Les familles qui ont la tête à l’envers 2)Neuburger, R.  « Les familles qui ont la tête à l’envers. Revivre après un traumatisme familial ». Odile Jacob. Paris. (2012). 179 p » Robert Neuburger présente les causes, les mécanismes ainsi que les conséquences de ces mythes familiaux défectueux. Il consacre également une deuxième partie à la manière d’aider ces familles, grâce à ce qu’il nomme « Les trois R », à savoir : Re-connaître, Re-mythifier et enfin Re-ritualiser. 

Intervention d’Edith Goldbeter

La deuxième partie de cette matinée est laissée à  Edith Goldbeter qui apporte une réflexion à propos des temporalités de l’enfant « situé parfois à l’intersection d’histoires, de systèmes multiples qui non seulement ne sont pas synchrones, mais imposent des discontinuités, des lenteurs ou des accélérations ». 

Madame Goldbeter est Docteure en psychologie et psychothérapeute familiale systémique. Elle est Professeur honoraire à l’Université Libre de Bruxelles et directrice de formation à l’Institution d’Etudes de la Famille et des Systèmes Humains de Bruxelles. Elle est un des membres fondateurs  de l’Association Européenne de Thérapie Familiale, ainsi que  Rédactrice en chef des « Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux ». 

Il paraît nécessaire d’avoir une vision globale comprenant d’une part les temporalités individuelles (biologique, psychologique) tant de l’enfant que des personnes qui l’entoure, et d’autre part les temporalités des structures qui encadrent, qui participent au développement des enfants. Il s’agit là pour Mme Goldbeter d’une « temporalité systémique mais où l’aspect individuel pour chaque membre du système vient ajouter un certain poids dans cet enchevêtrement des différentes chronologies ». 

La vie de chaque personne est faite de ruptures. Les ruptures, les changements, ne sont pas en tant que tels traumatisants, porteurs de conséquences néfastes pour l’individu. En revanche, dans ces situations où des jeunes enfants sont amenés à vivre de nombreuses ruptures, il paraît important de pouvoir garder un fil conducteur prenant en compte ces transitions. 

L’intégration, la compréhension de son histoire, de son passé est nécessaire pour chacun afin d’être capable de se projet dans l’avenir, de construire des plans, des projets. 

Nous pouvons terminer en faisant une parenthèse sur un outil développé à l’intention des professionnels se succédant dans la vie des enfants. Les bénéfices de travailler avec l’outil « Le Fil Rouge3)Outil rédigé au sein de la Plate-forme Fil Rouge. Il a été soumis à la commission de déontologie et est transmis exclusivement à des services mandatés. Pour de plus amples informations : claire.meyer@notreabri.be ». a été mis en avant par Claire Meyer, directrice du SASPE Notre abri. Le Fil Rouge est un document qui recueille les informations objectives à propos de l’histoire de l’enfant. Cet outil peut permettre, d’une part, de faire prendre conscience de l’effet durable des professionnels dans la vie des enfants et, d’autre part, il permet un respect des traces du passé et la construction de projet d’avenir. Il peut apporter un sentiment de cohérence à son vécu, du sens à ses comportements mais également permettre à l’enfant de s’approprier son histoire. 

References   [ + ]

1. Neuburger, R.  « Le mythe familial ». ESF editeur. Coll. Art de la psychothérapie.. (2011). 199 p.
2. Neuburger, R.  « Les familles qui ont la tête à l’envers. Revivre après un traumatisme familial ». Odile Jacob. Paris. (2012). 179 p
3. Outil rédigé au sein de la Plate-forme Fil Rouge. Il a été soumis à la commission de déontologie et est transmis exclusivement à des services mandatés. Pour de plus amples informations : claire.meyer@notreabri.be ».
Micka

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