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« Le jeu, c’est le travail de l’enfant, c’est son métier, sa vie », pensait Pauline Kergomard, fondatrice de l’école maternelle en France. Effectivement, pendant les premières années de sa vie, l’enfant se consacre entièrement au jeu. Et contrairement à ce que l’on peut croire, il ne s’agit pas du tout d’une activité futile ou d’une perte de temps, qui plus est lorsqu’il est pratiqué en famille.

Le jeu remplit des fonctions d’apprentissage, de socialisation, d’acquisitions cognitives, langagières et affectives, qui font grandir l’enfant, explique la psychologue et psychanalyste Sophie Marinopoulos dans son livre « Jouer pour grandir ». Elle ajoute que quand il joue, il découvre ses capacités à faire et à être, s’adapte à son environnement, s’ouvre aux autres, appréhende l’espace, le temps, et se prépare ainsi doucement à sa vie future. S’il crée des activités ludiques, c’est pour comprendre le monde et y vivre sereinement. Pour preuve que le jeu est important pour un développement optimal de l’enfant, notons qu’il a été reconnu par l’ONU comme l’un de ses droits fondamentaux.

Le petit a besoin de moments où il joue seul, de moments qu’il partage avec d’autres enfants, mais également avec des adultes significatifs à ses yeux.

Ses jeux solitaires lui permettent de voguer dans un monde imaginaire que lui seul contrôle, et favorisent son autonomie. Ceux avec ses copains lui donnent la chance d’apprendre à interagir avec d’autres enfants, d’apprendre à faire des compromis et d’être stimulé dans des intérêts différents des siens. Et le rôle des parents alors ?

Bénéfices partagés

De prime abord, le jeu procure tout simplement la joie d’être ensemble. Cela saute aux yeux, heureux est l’enfant qui ressent que ses parents lui accordent du temps, lui donnent une place, bref, le considèrent. Ces moments agréablement partagés renforcent les liens, et donc la cohésion de la famille.

Mais les bénéfices peuvent aller plus loin…

Tout d’abord, chez l’enfant, le jeu sollicite notamment l’écoute, le respect, la patience (attendre son tour), la prise de décisions, l’expérience de l’échec, la gestion des frustrations, mais aussi le sens des négociations.

Ensuite, en jouant avec lui, les parents découvrent leur enfant sous un nouveau jour. C’est le moment parfait pour observer comment il organise son jeu, l’imagination qu’il démontre, ce qui le fait sourire, ce qui lui plait. Idem pour l’enfant qui connaîtra une autre facette que le rôle sérieux de parent. Il se rendra par exemple compte que, comme lui, sa mère aime rire, ou encore qu’il arrive à son père d’avoir de drôles d’idées.

Enfin, ces moments peuvent également apporter des avantages très personnels aux parents, comme le plaisir du moment présent, l’évacuation du stress, le ralentissement du rythme de vie habituel. Le temps d’un jeu et des rires qu’il peut provoquer, il est possible de mettre entre parenthèses ses tracas et ses préoccupations.

Quelques conseils

- Choisissez un moment où vous serez assez disponible pour vous consacrer entièrement à l’activité. Mieux vaut prendre quelques courtes périodes (15 minutes peuvent déjà suffire), qu’une seule longue où vous allez vous impatienter.
- Abordez les jeux avec le regard d’un enfant. N’hésitez donc pas à vous asseoir par terre, à faire des grimaces, à vous déguiser, à embarquer dans son imaginaire…
- Laissez-lui choisir à quoi et comment il veut jouer. Toutes ses autres activités quotidiennes (l’alimentation, l’habillage, le coucher...) sont sous votre contrôle ou celui d’un autre adulte. Le jeu est donc le seul domaine où il est possible de lui laisser la liberté de décider. Cela engendrera chez lui un sentiment de maîtrise, qui à son tour lui apportera fierté et estime de soi. A ce propos, avant l’âge de 5 ans, évitez tout de même les jeux de compétition. Les jeunes enfants ont une estime d’eux-mêmes qui est assez fragile, il est donc préférable de ne pas la mettre à l’épreuve, en cas de défaite par exemple.
- N’utilisez pas systématiquement de supports matériels, certains jeux n’en ont pas besoin : imiter les cris des animaux, cache-cache, poursuivre votre enfant à quatre pattes, faire comme à l’école, comme au magasin, comme chez le médecin (jeux de rôle)… Même les activités du quotidien peuvent se transformer en jeux (le bain, le rangement, le jardinage, la cuisine).

Alors, à vous de jouer !

Par Alicia Alongi, en collaboration avec Brigitte Blanc, du personnel psycho-social de l’AMO Transit.

Sources :
- www.naitreetgrandir.com
- www.mamanpourlavie.com
- « Jouer pour grandir » de Sophie Marinopoulos, de la collection Temps d’arrêt/lectures, éditée par Yapaka.