Accueil du site - Professionnels - Secteur AAJ - Projet Parentine, un espace, pas comme les autres, d’accueil et de parole pour les parents et leurs enfants.

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La situation dans le Hainaut

Il y a quelques mois, la presse faisait état du nombre important de grossesses précoces en Hainaut. Le constat de l’observatoire de la santé du Hainaut atteste que la province compte deux fois plus de grossesses précoces que le reste du pays. De plus, plusieurs articles ont évoqué des faits divers dramatiques concernant des grossesses chez de très jeunes adolescentes. Parallèlement, l’ONE annonce que depuis 5 ans, le nombre de grossesses chez les adolescentes a diminué de 10%. Il y a longtemps que le thème des grossesses précoces est travaillé par les plannings familiaux, les associations en milieu ouvert ainsi que par d’autres structures d’aide à la jeunesse et de prévention. Des services hospitaliers et les travailleuses médico-sociales de l’ONE sont également au centre des prises en charge.

Parentine, c’est quoi ?

Parmi les initiatives qui se sont développées au fil des années, nous mettons aujourd’hui un « coup de projecteur » sur le projet Parentine. C’est en 2002, suite à une journée organisée par SOS Enfants Mons-Borinage, la Coordination Sociale du CPAS de Soignies et le Centre Local de Promotion de la Santé de Mons-Soignies pour les professionnels de l’aide et l’accompagnement aux jeunes et familles autour de la question : « Etre mère à 14 ans, pour qui, pour quoi ? » que plusieurs services se sont mobilisés pour créer un lieu d’accueil pour jeunes parents avec leur enfant : Parentine. Parmi ces partenaires, des associations en milieu ouvert (l’Accueil et Ancrages), le Tobbogan (Marsupilama), le service jeunesse du CPAS de Mons, le service social de l’hôpital Ambroise Paré, les Bourgeons, SOS enfants Mons-Borinage, l’ONE auxquels se sont la Maison de l’enfance de Pâturages et plus récemment l’AMO « Parler pour le dire » de Dour . Les différentes structures étaient toutes confrontées à des situations dans lesquelles des jeunes parents se sentaient démunis par rapport aux difficultés vécues par leurs enfants mais aussi avec des questions sur le fonctionnement des familles et les transmissions intergénérationnelles. L’idée de créer un lieu de rencontre dans lequel la parole autour de ces questions serait possible s’est alors imposée.

La bientraitance comme fil rouge

C’est donc un lieu dans lequel les idées de « bientraitance » et de valorisation des compétences parentales seraient centrales pour permettre à des parents de faire des rencontres avec d’autres parents et devenir des ressources réciproques pour ces questions fondamentales autour du lien parents-enfants et de la socialisation des ces enfants. A côté de toute cette réflexion, le constat partagé par les associations partenaires du nombre de plus en plus important de jeunes filles mineures enceintes renforce l’intérêt d’une telle initiative. En effet, qui sont ces jeunes filles, qui les prend en charge, qu’est ce qui amène ces ados à être enceintes ? Parfois le manque d’information sur la vie sexuelle et affective, parfois la volonté (consciente ou inconsciente) de combler une fragilité, une souffrance par « l’objet » enfant qui prend alors toute la place .

Pour qui et pour quoi faire ?

L’espace Parentine s’adresse donc prioritairement à ces jeunes parents (12 à 20 ans) et à leurs enfants (0 à 6 ans) mais aussi à tous les autres parents intéressés et cela afin de permettre les échanges entre tous les parents sans stigmatiser les plus jeunes. Les sujets d’échanges évoqués par les participants au cours des accueils sont des questions du quotidien : « mon enfant ne m’obéit pas », « il ne fait jamais ses nuits, je suis épuisée », « il reste toujours collé à moi, il ne va pas jouer avec les autres enfants »… C’est dans ces questionnements que l’accueillante et le groupe de parents peuvent alors faire circuler la parole et échanger des expériences et des pratiques. Depuis la création de Parentine, différents thèmes ont été abordés par les participants parmi lesquels on peut relever sans être exhaustif : les limites, les rituels du coucher, la place du père, l’isolement, la précarité, …

Le rôle de l’accueillante

Le rôle de l’accueillante est central pour faire vivre le groupe et de rebondir sur ce qu’amènent les personnes présentes pendant les périodes d’accueil. C’est utiliser le groupe pour mettre des mots sur des difficultés amenées par les parents, avec le double objectif d’ouvrir sur des pistes de solutions et surtout de renforcer les compétences parentales d’un parent parfois démuni face à son enfant, ses pleurs, ses demandes. C’est donc sur le quotidien de la parentalité et pas sur le fait d’être mineures que l’accent est mis. A travers des activités et la possibilité d’un espace de paroles, il est alors plus facile , de permettre la rencontre entre parents confrontés à un vécu souvent difficile et compliqué, de vivre des expériences positives et sécurisantes, de réfléchir sur le lien que l’on peut avoir avec son enfant, de socialiser les enfants et de beaucoup d’autres choses encore. Des règles minimales existent pour le bon fonctionnement de cet espace et même si tout n’est pas toujours simple, le rôle de l’accueillante permet de faire avancer la réflexion par rapport à ces règles et aussi de gérer les éventuels conflits de manière positive pour les enfants et les parents. C’est aussi pour ces raisons que le projet contribue à un véritable travail de prévention.

Les perspectives

Ce lieu (limité à 8 enfants) existe maintenant depuis plusieurs années et beaucoup reste à faire pour le développer et le rendre plus visible. En effet, même si on peut constater une satisfaction des parents et une fréquentation régulière malgré les plages horaires limitées, il est essentiel de continuer à « aller chercher » le public là où il se trouve et de renouveler l’information aux professionnels (gynécologues, pédiatres, services de périnatalité et de néo natalité). C’est d’ailleurs une des missions de l’accueillante et du comité de pilotage. Adapter et renforcer l’espace et l’offre de Parentine grâce aux évaluations régulières effectuées par le Comité de Pilotage, alimenter la réflexion et le positionnement de l’accueillante grâce aux supervisions régulières permettent aussi à ce projet d’évoluer.

Les défis

Au-delà de l’événementiel évoqué au début de ce texte, des lieux comme Parentine permettent d’effectuer un véritable travail de prévention dans cette logique de bientraitance et de valorisation des compétences parentales et cela avec des moyens financiers plus que limités. Le projet a, de toute évidence, sa pertinence et sa légitimité. Il est dommage de constater que des moyens financiers presque dérisoires ne permettent pas un minimum de pérennité d’une expérience utile pour les professionnels et les usagers. Le soutien à la parentalité, les impacts positifs (même s’ils sont difficilement identifiables à court terme) sur le renforcement du lien entre les enfants et leurs parents et la prévention de la violence familiale sont des balises fondamentales pour un futur positif de nombreuses familles. C’est à tous ces défis que Parentine s’attaque et qu’il est donc indispensable que ce projet puisse, enfin, se consolider.

Pratiquement

Deux lieux d’accueil et deux moments d’accueil : Tous les mardis de 9h30 à 11h30 à Mons (Rue masquelier 20A, dans les locaux de l’ONE) Tous les mercredis de 14h à 16h à Pâturages à la Maison de l’Enfance (Rue de l’Eglise, 132)

Pour toute information, vous pouvez contacter : Aurora LAI, Accueillante de Parentine au 0493/144.702 ou via parentine@skynet.be Emanuela Ciccone, Coordinatrice du comité de pilotage au 065/36.11.36 Michel Gallez, Responsable administratif du projet au 065/36.11.36

Article écrit par Dominique Leborgne