Accueil du site - Parents - Plaine de Jeux … quelle considération ?

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Les plaines de jeux sont des espaces investis par de nombreux jeunes (qu’ils soient animés ou animateurs). La participation augmente d’année en année mais qu’en est-il des conditions de travail du personnel encadrant ? Pourquoi, alors que certains jeunes souhaitent travailler en plaine de jeux, certaines plaines de jeux ont des difficultés pour garder ces jeunes motivés ? Comme cela se passe pour un jeune débutant leur première expérience dans le monde du travail ? Qu’est-ce qui est mis à disposition des jeunes ? Voyons ce que des indicateurs comme l’argent, le temps et les activités donnent comme résultats en termes d’analyse.

1. Le budget

Depuis la crise financière de 2008, l’ère du temps est aux réductions des déficits et donc amène un désengagement des pouvoirs publics dans certaines actions sociales, il est certain que les communes (comme d’autres instances) doivent faire face à des difficultés financières, et en résulte une restriction budgétaire allouée aux animations, au matériel ainsi qu’aux activités organisées dans le cadre de la plaine et ce, totalement à charge des communes. Le phénomène est d’ailleurs directement pointé comme dans la déclaration de politique générale d’une commune : extrait p21« Les contraintes budgétaires vont peser lourdement sur les choix qui devront être opérés ».

2. Les activités

Souvent une quote-part est demandée par enfant, celle-ci s’inscrit dans une fourchette commençant à 1,5 euros pour certaine allant jusque 5 euros, voire plus. Ces montants sont à multiplier par au moins 20 jours ouvrables pour un mois [1] Cela donne un écart important puisque cela va de 30 euros à 100 euros. Voilà pourquoi on trouve parfois un plafond fixé à 5 euros ou plus par famille... on comprend aisément la raison. Par comparaison voyons ce que propose l’ADEPS pour ces stages. La fourchette pour une semaine d’activité va de 40 à 84 euros pour une semaine et par enfant. La différence est nette mais les charges sont aussi autres. Si les quote-parts demandées sont effectivement variables d’une commune à l’autre, elles ne sont pas sans conséquences pour les parents et leurs enfants. Ainsi, certaines communes ne peuvent garantir l’accès aux enfants les plus défavorisés car les coûts sont trop élevés. C’est probablement révélateur également des politiques sociales mises en œuvre et il est dommage que ce soit les enfants, qui auraient pour uniques vacances la plaine de jeu, qui se retrouvent dans l’incapacité d’y participer.

3. Le salaire

La particularité d’une plaine de jeu, c’est qu’elle concerne presque toutes les tranches d’âges de la jeunesse (2,5 ans à 14 ans voire plus comme animés et à partir de 16 ans comme aide-moniteur). Il est donc également intéressant de se pencher sur la question des jeunes employés, exerçant par là-même bien souvent leur premier boulot.

« Quand j’ai commencé (en 2007), j’avais 17 ans, j’étais payé comme aide-moniteur à environ un peu plus de 42€ par jour. La journée durait de 8h à 17h. La période de travail allait de 18 jours à 20 jours. » (Robin, 24 ans)

Ce qui nous donne une fourchette de 756€ à 840€.

« Quand j’ai eu 18 ans, je suis passé comme moniteur et là, je gagnais un peu plus de 45€ par jour. »

Ce qui nous donne une fourchette de 810€ à 900€.

« Aujourd’hui, n’ayant pas de diplôme spécifique, je suis à 52€ par jour. Une journée de travail ne dure plus 9h mais 8h. »

Ce qui nous donne une fourchette de 936€ à 1040€.

Si on regarde le montant mensuel du revenu d’intégration sociale, la loi a établi une fourchette de revenus qui se situe entre 550 et 1100€. Ajoutez à cela le défraiement jusqu’au lieu de travail (rarement payé dans les plaines de jeux), les conditions de travail (8h à 9h avec des enfants, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il fasse plus de 33° à l’ombre), certaines contraintes administratives… qui souhaiterait travailler pour si peu ? Quand vous savez que d’autres jobs vous payent le double (en travaillant moins), dans de telles conditions financières, il est normal d’entendre des interrogations de la part des moniteurs sur « est ce que je reviens l’année prochaine ? » Or, il s’agit tout de même de nos enfants à animer. Et que pour certains, ces vacances seront les seuls dont ils bénéficieront …

Donovan Moury

Bibliographie

Montants mensuels du RIS (dernière consultation le 28/07) En ligne : http://www.mi-is.be/be-fr/cpas/lequ...

Information sur les CPAS (RIS) (dernière consultation le 28/07) En ligne : http://www.ocmw-info-cpas.be/index.... Voici les points concernant la jeunesse pour une commune

Extrait de la déclaration de politique générale pour 2013 2018 :

2.1.2 Soutenir l’enfance et la jeunesse :

•Augmenter le nombre de places dans les crèches, les haltes-garderies et auprès des gardiennes encadrées ;

•Assurer une cohérence optimale du passage de la crèche vers l’école maternelle ;

•Développer une politique d’accueil des enfants à besoins spécifiques ;

•Améliorer et étendre les aides aux devoirs et les activités ludiques et pédagogiques ;

•Renforcer l’offre des centres de vacances ;

•Lutter contre le décrochage scolaire ;

notes:

[1] Tout dépend du nombre de semaines allouées à une période. Ainsi, certaines communes proposent deux périodes de quatre semaines pour juillet et août, d’autres des périodes de trois semaines …. .