Accueil du site - Jeunes - Les jeunes de plus en plus adeptes du "binge drinking"

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L’alcool permet, dit-on, de se détendre, d’accroître la confiance en soi, d’estomper son mal-être, de s’ouvrir aux autres. En effet, l’alcool est souvent considéré comme un facteur d’intégration par un bon nombre d’individus. Mais lorsqu’il est consommé par des jeunes, en grande quantité et en très peu de temps, les dents grincent…

Une expertise collective de l’Inserm, rendue publique en février dernier, montre que 90 % des adolescents ont déjà consommé de l’alcool et que 58% d’entre eux l’ont fait à l’âge de 11 ans. (CHAUVARD : 1). De nos jours, les jeunes consomment énormément d’alcool et sont adeptes du « binge drinking ». Mais en quoi cela consiste-t-il ? Quelles sont les conséquences d’une consommation excessive d’alcool ? Existe-t-il des solutions permettant de lutter contre ce problème ? Nous allons tenter de répondre à ces questions. « When you binge, you drink to the point where you don’t remember anything ! » (Public Health Agency:1)

Le « binge drinking », qu’est-ce que c’est ?

Le « binge drinking » (binge : bringue et drink : boire) est communément appelé « biture express », « alcool défonce » ou « beuverie ». C’est un anglicisme que l’on peut traduire par une « hyperalcoolisation » qui est le fait de consommer occasionnellement mais excessivement de l’alcool. Ce phénomène est fréquent chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans. Le but recherché par ceux-ci est d’arriver à l’ivresse en un temps record. Ce phénomène serait né en Angleterre, suite aux « happy hours » (la possibilité de boire beaucoup en peu de temps grâce à la diminution du prix des boissons).

L’Organisation Mondiale de la Santé estime qu’une « consommation à faible risque » devrait s’élever au maximum, pour un homme, à 24 grammes par jour d’alcool pur et, pour une femme, à 16 grammes par jour d’alcool pur avec une abstinence totale de deux jours par semaine dans les deux cas.

. Un verre de bière à 5% alc. vol. , un verre de vin à 12% alc. vol., un verre de spiritueux à 40% alc. vol., deux verres de cidre à 6% alc. vol. et 250 ml de premix à 5% alc. vol. : tous ces verres équivalent à environ 10 grammes d’alcool pur. (EDUCALCOOL : 11). Selon l’Institut National des Abus d’Alcool et de l’Alcoolémie, le « binge drinking » est la quantité d’alcool qui correspondrait à l’absorption de 5 verres d’alcool au minimum pour les hommes et de 4 verres pour les femmes en deux heures de temps. (LAVAUD : 1). Les jeunes en s’adonnant au « binge drinking » prennent donc des risques.

Cette « mode » incitant les jeunes à une surconsommation d’alcool inquiète énormément. Une étude récente a donc été menée par des chercheurs de différents instituts européens. Par le biais d’un programme informatique, ils tentent de prévoir, à travers des facteurs génétiques, environnementaux et physiologiques, si, à l’âge de 16 ans, le jeune s’adonnera au « binge drinking ».

Les conséquences d’une consommation excessive d’alcool

Conséquences internes : au niveau de la santé

Une surconsommation d’alcool entraîne énormément de risques pour la santé surtout au niveau du cerveau - il faut rappeler que celui-ci se construit jusqu’à 25 ans - et le développement de ce dernier peut se trouver altéré. En effet, des dysfonctionnements, des lésions parfois irréversibles, des retards de maturation peuvent apparaître suite à une consommation abusive.

Mais l’alcool provoque aussi des nausées, des problèmes gastriques, des troubles respiratoires, des pertes de mémoire, des intoxications et, plus grave encore, des comas éthyliques qui, dans certains cas, peuvent conduire à la mort. L’alcool peut aussi modifier l’immunité, selon la revue scientifique « Plos One », et une consommation immodérée d’alcool peut causer des maladies telles que la cirrhose.

Très rapidement les jeunes peuvent créer une addiction à l’alcool qui, parfois, subsiste toute la vie. Cela peut provoquer des problèmes sociaux comme l’isolement, des problèmes scolaires comme le décrochage… L’alcool peut aussi susciter des effets négatifs au niveau psychologique : le jeune peut adopter des comportements agressifs, violents ou impulsifs. Dans ce cas, la consommation d’alcool peut s’avérer très dangereuse pour le consommateur mais aussi pour son entourage : des comportements à risques peuvent apparaître (conduire en état d’ivresse et provoquer un accident).

Conséquences externes : morales, physiques, sexuelles et financières

Avec le « binge drinking », le consommateur devient une victime idéale, en effet, il s’expose à des violences morales (agressions verbales, insultes…), physiques (coups, bagarres…), sexuelles (rapports non protégés ou non désirés, attouchements, viols) qui peuvent avoir de graves conséquences comme une grossesse ou la transmission de M.S.T. tel que le sida, entraînant des répercutions dramatiques sur la vie du consommateur qui, souvent, ne se souvient de rien.

L’hyperalcoolisation a aussi un impact financier, les jeunes dépensent une grande partie de leur argent dans une consommation irréfléchie d’alcool.

Comment réduire les risques liés à l’alcool ?

Interdire aux jeunes de consommer de l’alcool n’est pas la solution adéquate : une prohibition a souvent comme effet d’inciter les jeunes à boire encore plus car, généralement, l’interdit attire... La consommation d’alcool peut entraîner, dans certains cas, la désinhibition, l’augmentation de la confiance en soi, une sensation de détente…, cependant, un excès d’alcool annihile les effets recherchés et induit parfois un comportement inadéquat (bagarres, agressivité…).

Consommer un verre occasionnellement n’est pas très grave d’autant plus que, dans notre société, les mots fête et alcool vont souvent de pair mais l’important est d’apprendre aux jeunes à adopter un comportement responsable.

L’amusement et l’ivresse ne font pas nécessairement bon ménage. Les jeunes doivent être conscients des dangers liés à une consommation excessive d’alcool et être capables de reconnaître les signaux d’une surconsommation. S’arrêter au bon moment permet d’éviter bien des déboires, sachant que 0.5 à 1 gr/litre mène à une ivresse légère et à une diminution des reflexes mais que 3.5 à 5gr/litre peut conduire au coma, en passant par différents états intermédiaires tels qu’une ivresse euphorique (troubles de l’équilibre …), avancée (troubles de l’élocution…) ou extrême (somnolence...). (STOP-ALCOOL : 1)

Il faut aussi conseiller les jeunes : alterner un soft et une boisson alcoolisée reste une solution pour diminuer les effets liés à l’alcool. Insister sur le fait que le jeune en état d’ivresse ne devrait jamais se retrouver seul permettrait de réduire les risques de chute parfois mortelle, de même, idéalement, chacun devrait être apte à effectuer les premiers gestes de secours en cas de malaise (exemple : en cas de vomissement, il est préférable de placer la personne en position latérale pour éviter qu’elle ne s’étouffe). Désigner un bob avant une sortie est une bonne solution pour éviter les accidents de la route.

Dès leur plus jeune âge, un grand nombre de jeunes consomment des alcopops (boissons alcoolisées au goût sucré et au packaging décoré de couleurs attirantes). Les alcopops peuvent susciter une confusion dans l’esprit des jeunes. En effet, ils devraient être placés au rayon des alcools dans les magasins afin d’éviter toute confusion avec les sodas et de veiller à faire passer un message clair.

Le corps enseignant devrait mettre en garde les jeunes contre les conséquences de l’abus d’alcool. Mettre en place des campagnes, des spots (radio et T.V.) et des programmes (comme en Allemagne, le programme « Stop : c’est la limite ») pourrait également sensibiliser les jeunes aux risques liés au « binge drinking ».

Pour conclure, les jeunes subissent différentes influences génétiques, sociales, médiatiques et environnementales qui les poussent à s’adonner à une surconsommation d’alcool. Les conséquences morales, physiques, sexuelles et financières ne sont pas anodines et bon nombre d’entre eux se retrouvent dans des situations problématiques suite à une consommation excessive, qui peut aussi s’avérer dangereuse pour la santé. Il faudrait donc veiller à protéger les adultes de demain, en les responsabilisant dès leur plus jeune âge aux dangers liés à une consommation abusive d’alcool. C’est ici que la prévention et l’éducation prennent tout leur sens.

Laura Regaglia

Bibliographie

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BERNANOSE (P.), « Binge Drinking : Un test de prédiction de la dépendance ? », consulté le 05/07/2014, http://www.santelog.com/news/addict...

CHAUVARD (S.), « Binge Drinking : un test pour identifier les ados à risque », consulté le 06/07/2014, http://www.pourquoidocteur.fr/Binge...

DORMOY (H.), « Le phénomène inquiétant du Binge Drinking », consulté le 09/07/2014 http://www.marieclaire.fr/,le-binge...

EDUCALCOOL, « Es-tu cool avec l’alcool ? », consulté le 18/07/2014, http://www.educalcool.be/files/10/j...

INFORDROGUE, « Deux ou trois choses à propos du bringe drinking », consulté le 07/07/2014, http://www.infordrogues.be/index.ph... LAVAUD, « Un unique épisode de binge drinking entraine une toxicité systémique », consulté le 08/07/2014, http://www.medscape.fr/voirarticle/...

PUBLIC HEALTH AGENCY, « Know…about Binge Drinking », consulté le 06/07/2014, http://www.knowyourlimits.info/know...

STOP-ALCOOL, « Le Binge Drinking ou l’hyperalcoolisation des jeunes », consulté le 05/07/2014 http://www.stop-alcool.ch/la-consom...

STOP-ALCOOL.EU, « Grammes d’alcool par litre de sang et conséquences », consulté le 24/07/2014, http://www.stop-alcool.eu/Consequen...