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Dans notre société, les images violentes sont à la portée de tous, que ce soit dans les films, les jeux vidéos, les journaux télévisés… Et quand elles ne sont pas contrôlées par les parents, il se peut qu’elles arrivent aux yeux des enfants. Cependant, il ne faut pas oublier le risque que ces enfants soient influencés par cette violence, et la transfèrent à leurs propres comportements.

Des recherches le prouvent, les enfants exposés aux scènes violentes du petit écran par exemple, ont plus de risques d’être violents à leur tour lorsqu’il s’agira de faire face à un conflit, aussi enfantin soit-il. Cela vient du fait que quand on assiste à des scènes de violences répétées, on finit par s’y habituer, et on considère la violence comme une réaction normale, ordinaire.

Mais tous les enfants ne s’identifient pas à l’agresseur, car les images peuvent résonner différemment en eux.

Certains veulent se protéger de la violence qu’ils ont pu voir, ils deviennent alors craintifs et se considèrent comme des victimes potentielles.

D’autres ne craignent pas l’agressivité, ils cherchent au contraire à la réduire et à en réparer les méfaits. Ils sont aussi capables d’éprouver de la compassion, de s’identifier à la souffrance d’autrui et de mettre en place des stratégies d’entraide. Ceux-là ont un profil de sauveur.

Le jeu de rôle

Le jeu des 3 figures, développé par Yapaka, à l’initiative de Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, est réalisé en troisième maternelle. Son but est d’apprendre aux enfants à résoudre leurs petits conflits de manière non violente

Au début de l’activité, les enfants sont invités à répéter les trois règles du jeu. Premièrement, il faut faire comme au théâtre, c’est à dire faire semblant de se frapper, de s’embrasser, de se battre… On ne se fait jamais mal, et on évite de se toucher. Deuxièmement, il est également possible de faire semblant d’être une fille si on est un garçon, et inversement. Troisièmement, chaque participant accepte de jouer tous les rôles pour chacune des scènes.

Puis, on leur demande d’évoquer des situations violentes qu’ils ont vues (dans des films, des séries, des dessins animés…) ou dont ils ont entendu parler. Cela favorise l’expression orale et la socialisation, puisque chacun peut prendre la parole et rebondir sur les propos des autres. Par exemple, les enfants ont déjà cité des scènes de la série Les Experts, du film Transformers, mais aussi et plus étonnement des dessins animés Bob l’Eponge, Cars, Docteur la Peluche, ou encore de spectacle de cirque en cas d’accident (un trapéziste tombe…). Comme quoi, les jeunes enfants sont plus sensibles et plus fragiles face aux images.

Ensuite, ils sont invités à jouer ces situations comme au théâtre. Chacun d’entre eux, prend tour à tour le rôle de l’agresseur, de la victime et du sauveur. Ceci pour éviter qu’il ne s’identifie qu’à un seul personnage et ne renforce ce rôle au sein de son environnement.

Enfin, pour terminer les enfants disent quelques mots sur ce qu’ils ont mis en scène et le plaisir ou les difficultés qu’ils ont rencontrés.

Les objectifs sont de :

- permettre la participation de tous les enfants,
- favoriser l’expression orale et la socialisation,
- favoriser l’épanouissement et la valorisation des enfants,
- favoriser l’apaisement de tensions existantes.

Il est évident que ces objectifs ne seront pas atteints en une seule animation de 45 minutes. C’est pourquoi l’AMO Transit réalise « Le jeu des 3 figures » à quatre reprises, au rythme d’une fois par semaine, au sein du même groupe classe. Lors de la quatrième animation, l’instituteur est invité à animer lui-même le jeu, de sorte que par la suite il puisse l’organiser de manière autonome, une fois tous les quinze jours idéalement. Si l’activité est réalisée régulièrement, ses résultats n’en seront que meilleurs. D’ailleurs, l’un des effets remarqués est que dans la cour de récré, des instituteurs ont entendu des répliques comme : « On ne peut pas se frapper, il faut qu’on fasse comme au théâtre, on fait semblant ! »

Par Alicia Alongi, en collaboration avec Maria Morelli et Rosaria Dello Spedale du personnel psycho-social de l’AMO Transit.