Accueil du site - Problématiques - Le décrochage scolaire

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Problématique très complexe, le décrochage scolaire peut avoir différentes origines : précarité des familles, conflits au sein de l’école, problèmes familiaux, perte d’espoir dans l’utilité de la formation, …

Le Délégué Général aux Droits de l’Enfant fait le constat des difficultés scolaires liées à la précarité des familles. Son travail s’est réalisé sur base de rencontres avec ces dernières et divers professionnels de l’Aide à la Jeunesse.

(Extrait d’un DVD réalisé par le CAAJ de Mons et disponible à la section de prévention générale).

A partir de cet extrait, l’AMO Transit a pu identifier dans le cadre de sa pratique un thème évoqué par Monsieur Bernard Devos : la difficulté d’investissement des familles précarisées vis-à-vis de la scolarité de leurs enfants. Cela a pour conséquence de les amener à accepter le processus de relégation. En effet, dans le cadre de sa pratique, les professionnels de l’AMO Transit constatent à travers le contact avec les familles précarisées la récurrence d’un problème : le positionnement dans l’immédiateté et dans l’urgence du quotidien, et de ce fait, les familles peuvent avoir des difficultés à se projeter dans le futur. Nous observons que les familles en situation de précarité doivent faire face à des difficultés quotidiennes comme le manque ou l’absence de certains capitaux : culturel (c’est-à-dire l’accès au savoir), social (il se traduit par le réseau de connaissances que la personne peut se construire), économique (représenté par les moyens financiers),…

Par ailleurs, le taux des bénéficiaires du Revenu d’Intégration Social sur le territoire de La Louvière est supérieur de plus de 21% par rapport au taux wallon (10,34%) et de plus de 68% par rapport au taux belge (7,47%). En outre, nous observons en ce qui concerne le taux de chômage en janvier 2008, un taux de 18,6% selon la direction régionale de l’ONEM de La Louvière. De fait, nous pourrions mettre en lien ces chiffres avec la problématique du décrochage scolaire et ouvrir une réflexion : si, au sein de l’AMO Transit, le décrochage scolaire représente 20% des problématiques individuelles, nous faisons l’hypothèse que c’est peut-être parce qu’il est potentiellement en lien avec la situation socio-économique de la population de La Louvière. Dans ce cadre, l’école n’est-elle pas alors l’une des pistes de solutions qui permettrait aux jeunes de sortir de leur situation de précarité ? Ce qui renforce d’autant plus l’AMO Transit à traiter cette problématique plus que présente aujourd’hui.

De façon convergente, par sa mission de prévention, le CAAJ s’attaque à la précarité notamment en essayant de recréer un capital culturel et social en travaillant sur les difficultés vécues par les familles précarisées au niveau de l’école.

Suite à un diagnostic sur la réalité de terrain que peuvent rencontrer les différents acteurs de l’Aide à la Jeunesse, le CAAJ de Mons a axé sa campagne de prévention sur la question du décrochage scolaire.

C’est donc avec le soutien financier du CAAJ de Mons que Transit et d’autres AMO ont participé à la création d’outils d’animations traitant la problématique du décrochage aussi bien dans le primaire que dans le secondaire. De ce fait, différents projets ont vu le jour : Le Passage du primaire au secondaire , « place aux parents » (lien), Vide ton sac !.

Parallèlement et suite à la demande d’une école secondaire rencontrant la problématique du décrochage scolaire, l’AMO Transit a pu mettre sur pied à partir de réflexions et constats communs, un projet nommé « j’arrête ». Celui-ci s’adresse aux élèves de 1ère, 2ème et 3ème secondaire. En référence à ces années, trois questions importantes ont émergées :
-  Tout d’abord, la première année, où se pose la question de l’intégration au travers de l’étape du passage du primaire au secondaire ; (lien « Le passage »)
-  Ensuite, en deuxième année, la question du choix de l’orientation où le jeune doit se positionner pour sa future option ;
-  Enfin, en troisième année, se posent les questions de l’intégration, de la violence (identifiée comme étant l’une des causes principales de la rupture dans cette école). Ces questions ont été soulevées par le biais d’un film traitant du décrochage scolaire.

C’est donc en partenariat avec l’école et le centre PMS, que l’AMO Transit a alors, pour chacune de ces années, proposé des animations permettant de travailler ces questions avec les jeunes. Cela dans le but de mieux comprendre ce phénomène de décrochage et pouvoir y apporter les réponses les plus adéquates pour les élèves.

Par Olivier Selvais et Charlotte Moury.