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Depuis l’année 2002, le GAP (Groupe Adolescents Parentalité) se mobilise autour de différentes questions traitées lors de midi-rencontres. Le sujet du jour (mai 2012) traite de l’inter culturalité et de son impact dans le travail quotidien d’un intervenant psychosocial.

L’enjeu de cette rencontre nous faire comprendre qu’un même fait peut avoir des lectures bien différentes. Que nos actions dans notre culture peuvent être ce qu’il faut faire alors que dans une autre cela sera interprété totalement différemment.

Michel Gallet

Michel Gallet préside ces rencontres et nous précise en introduction «  le championnat du monde de football qui est en cours nous montre combien nous vivons dans un monde interculturel rien qu’en regardant le déploiement des drapeaux les plus divers … et le monde politique nous parle de l’échec de l’intégration avec dans la foulée des interrogations sur l’organisation de cours de français, de cours d’éducation civique…Il y a là une réalité sur laquelle on bute, on s’entrechoque. Nous dans notre travail nous sommes confrontés à cette question. »

Afin de bien comprendre les enjeux de la question de l’inter culturalité dans le secteur de l’Aide à la jeunesse, Mesdames L. Lienard et Remy, TMS (travailleur médico-social) ONE à la consultation prénatale attachée à l’hôpital Ambroise Paré de Mons, ont relaté une situation vécue. Une jeune femme africaine vient d’accoucher à l’hôpital. On contacte les deux TMS car la mère ne manifeste aucun signe d’attachement à la petite fille née prématurément. (Cette prématurité est avérée mais le diagnostic est plutôt très favorable.) Une demande de placement serait envisageable pour ce comportement de la mère car on connaît par expérience les problèmes pouvant en découler. Après plusieurs entretiens, il apparaît que la jeune femme suit exactement les règles en vigueur dans son pays d’origine pour les enfants nés avec des difficultés de vie. Une de ces règles précise que l’on ne s’attache pas à un enfant tant que l’on n’a pas la certitude de sa viabilité. C’est donc la raison du parfait désintérêt de la mère pour son enfant. Son comportement et respect des règles sont de plus confortés par le fait qu’elle a déjà vécu cette situation quelques années auparavant et que cela s’est soldé par le décès de son enfant. Evidemment, les conditions sanitaires sont très différentes entre son pays d’origine et le nôtre ce qui justifie le fait que son attitude paraisse choquante sous nos latitudes. Après explications entre les différentes parties, la maman comprendra que sa fille est viable et s’investira affectivement. Voilà donc bien un exemple de l’interprétation différente que l’on donne à un événement qui au premier abord semble concerner l’humanité entière : la grossesse, la naissance d’un enfant et les difficultés parfois liées à celle-ci. La compréhension de l’autre n’est donc pas quelque chose de simple, d’évident. Ces interrogations peuvent se reproduire lors d’autres passages de la vie.

Madame G. Platteau, thérapeute familiale et formatrice parcourt différents continents et étudie ces questions. Elle précise d’ailleurs dans son allocution que la culture façonne notre identité en répondant à des questions sans doute communes à toutes les cultures mais avec des réponses potentiellement différentes . Il s’ensuit alors une interrogation : quelle est la bonne réponse ? Quelle est la bonne manière d’agir, de faire… ? Les couples mixtes n’échappent pas à ce questionnement. Autre exemple de cette difficulté c’est la jeune femme qui se maquille pour montrer des signes d’attachement à la culture d’affiliation tout en portant des vêtements traditionnels, signes d’appartenance à une autre culture. De cette manière l’individu tente de concilier les deux cultures de référence.

Madame B. Mourin, coordinatrice du relais Picardie laïque de Mons, service d’accompagnement des populations migrantes, explique qu’à caractéristiques sociologiques, contextuelles égales la migration est toujours vécue individuellement et la façon de vivre cet événement l’est aussi. Sa recherche-action participative dans le domaine met clairement en évidence ce phénomène. Par ailleurs, la parentalité, (un des items traités) dans un contexte migratoire, les familles interrogées pointent la difficulté de bien cerner les modèles d’éducation et se posent par exemple la question de la responsabilité éducative. Dans nos contrées, les parents biologiques en assument l’essentiel. Une autre réponse (liée à d’autres cultures) pourrait être la famille élargie. Il y a donc interrogation et recherche de sens pour ces personnes et aussi pour nous. Dans la foulée d’autres questions s’impose : Comment concilier changement et continuité ? Mon identité, ce que je suis et une nouvelle appartenance ? Tradition et modernité ? Cohésion et individuation ?…

Madame A.Heine, psychologue clinicienne, dans le service de psychologie sociale de l’ULB, nous illustre tout cela dans ce court extrait.

1/Ici une publication qui évoque le sujet : YAPAKA « Grandir en situation transculturelle » Marie Rose Moro.

A cette adresse vous pouvez accéder au texte. http://www.yapaka.be/search/google/...

Par Benoît Moury, directeur de l’AMO Transit.