Accueil du site - Problématiques - L’accompagnement dans les devoirs… Comment éviter que cela ne devienne un cauchemar ?

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Les devoirs sont un sujet d’actualité qui divise l’opinion. Les partisans avancent notamment que les devoirs sont un moyen pour les parents de s’intéresser à la scolarité de leurs enfants et sont aussi un moyen pour les enfants de s’exercer. Les détracteurs quant à eux arguent que les parents ne sont pas compétents et pédagogues et que les devoirs sont un facteur d’inégalités sociales car certains enfants sont lésés par le fait qu’ils ne soient pas encadrés à la maison … Toutefois, notre prétention n’est pas ici de trancher sur la question du « pour ou contre des devoirs à domicile ». En effet, qu’on soit pour ou contre, c’est un fait, la plupart des élèves du primaire et du secondaire ont des devoirs. Leur durée et nature sont d’ailleurs délimitées par décret (décret Nollet), décret qui n’est malheureusement pas toujours respecté.

Compte-tenu de ces éléments, comment accompagner au mieux son enfant dans les tâches scolaires et quelle place occuper en tant que parent ?

Le devoir, c’est le travail de l’enfant, travail qu’il est censé devoir réaliser seul. Pourtant, combien de parents ne se voient contraints de réexpliquer la matière à leur enfant de peur qu’il n’échoue ? Les devoirs font partie, pour beaucoup de parents, des enjeux d’une réussite scolaire. De là, toute la difficulté du parent de trouver sa place dans ce prolongement de l’espace scolaire.

Nous pensons que le rôle de l’adulte est d’encadrer l’enfant, de faire en sorte qu’il soit autonome et prenne en main ses devoirs.

Qu’entendons-nous par là ?

Lui offrir un cadre sécurisant en mettant en place un certain nombre de règles claires, constantes et cohérentes.

• Pouvoir jouer la carte de la confiance : c’est lui permettre de gérer lui-même ses devoirs. L’adulte doit être disponible certes mais il ne doit pas forcément s’asseoir à côté de l’enfant ni faire à sa place mais plutôt montrer son intérêt et répondre à ses questionnements si besoin est.

• L’espace, le lieu consacré aux travaux doit être approprié. Cela nous paraît évident mais nous pensons notamment que faire ses devoirs à proximité de la télévision ou dans le bruit n’est pas une situation idéale.

• Enfin, la durée des devoirs, le temps que l’enfant va y consacrer est un point à ne pas négliger. En effet, nous savons que les enfants ont une capacité de concentration qui évolue en fonction de l’âge (« on estime à quatre fois l’âge de l’enfant le nombre de minutes où il peut normalement rester concentré sur une même activité.

Ex : pour un enfant de 8 ans, il s’agit donc de quelques 30 minutes » ) Passer des heures à lui faire réaliser ses devoirs et ses leçons est dès lors inutile puisqu’après un certains temps, il ne parviendra plus à se concentrer ! De plus, c’est même préjudiciable puisque l’enfant ne pourra alors s’investir dans d’autres activités, tels que le jeu (jouer est essentiel), pratiquer une activité sportive ou culturelle ou même se reposer. Dès lors, décider d’un temps imparti aux devoirs est une règle à mettre en place. Cela permettra à l’enfant d’apprendre à gérer le temps, à s’organiser et à se responsabiliser. Si l’enfant traîne ou paresse, lui rappeler la règle et mettre fin au temps des devoirs à l’heure convenue lui permettra de se responsabiliser à l’avenir. Dans ce cas, il nous semble utile de prévenir le professeur sur notre manière de fonctionner. Si l’enfant ne comprend pas (ce n’est pas rare), on peut toujours tenter de lui expliquer mais si on n’y parvient pas, ce ne doit pas être vu comme un problème puisque le devoir peut servir d’évaluation formative, ce qui permettra au professeur de se rendre compte de la compréhension (ou pas) de la matière par l’enfant. Certes nous ne voulons pas faire preuve de naïveté. Bien trop nombreuses sont les situations où les devoirs sont trop longs, trop compliqués voire même côtés. C’est peut-être là où votre position par rapport aux devoirs (pour ?, contre ?, sans avis…) risque d’influencer votre réaction. Quoiqu’il en soit, entrer en dialogue avec le professeur sur les difficultés de son enfant permettra peut-être de les dépasser. Nous pensons que la relation famille-école ne devrait pas passer que par les devoirs mais aussi par un dialogue permanent, ce qui permettrait de créer ainsi un triangle de collaboration entre « parents-enfant-école ». Ceci en vue de répondre au mieux aux attentes et besoins de chacun. En effet, en 2010, nous avons mené un projet « Place aux parents » où la parole des parents et enseignants a été récoltée. Nous avons pu faire le constat que les attentes de chacun étaient similaires en ce qui concerne l’importance d’une relation de qualité entre les acteurs de l’école et les parents. Ce sont donc, le dialogue, l’écoute, le respect et la collaboration qui sont le plus souvent énoncés. De plus famille et école sont d’avis qu’une relation de qualité favoriserait la réussite scolaire ! Le défi, c’est celui de « comment construire cette relation de confiance ? ».

1 « Les devoirs et les leçons », Marie-Claude Bélivau, edt CHU Ste-Justine p54

Par Rosaria Dello Spedale et Sonia Renero du personnel psycho-social de l’AMO Transit.