Accueil du site - Problématiques - Interpellation : les jeunes mineurs mis en autonomie

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Pour bien situer le problème précisons que dans le secteur de l’aide à la jeunesse, des mineurs sont placés en logement autonome avec un encadrement social et pédagogique (en terme technique code 9). Le but de cette action éducative est de les préparer à la majorité qui arrive dans les mois suivants. Cette action est subventionnée de cette manière :
-  290 euros maximum par mois pour le loyer du logement, charges comprises
-  11,56 euros comme montant journalier pour le reste des frais. Cela donne pour un mois de 30 jours le montant de 346,80 + 290 = 636,80 euros. A cette somme, il faut encore ajouter le montant journalier d’argent de poche de 1,26 € X 30 = 37.80 euros. Nous avons donc un total de 674.60 euros. Voilà le montant total avec lequel les jeunes mineurs doivent se débrouiller chaque mois.

La première difficulté qu’ils rencontrent, comme les équipes éducatives qui les suivent, est de trouver un kot, une chambre garnie avec un loyer ne dépassant pas le montant accepté par l’aide à la jeunesse. La mission est périlleuse car avec un tel montant le logement est rarement des plus accueillants et certaines régions n’offrent tout simplement pas des logements à de tel prix. Il faut donc prendre plus cher pour accomplir la mesure préconisée par les autorités mandantes. Pour combler le manque les services vont puiser dans leurs « réserves financières », initient des actions afin de recueillir des dons ou font directement appel à des groupements pratiquant le mécénat.

La deuxième grosse difficulté a trait au fait que les jeunes qui font l’objet d’une telle mesure éducative sont déjà fragilisés, voir déstructurés par un parcours de vie difficile en milieu familial. Ils bénéficient donc rarement d’un réseau pour les soutenir face aux difficultés de la vie quotidienne telles que les lessives, faire des repas équilibrés, préparer et suivre un budget très serré, développer un projet de vie…et affronter la solitude.

Tout cela des jeunes mineurs doivent l’accomplir sans pouvoir obtenir le même montant que les majeurs qui perçoivent 785,61 euros par mois. On ne comprend pas pourquoi 111,01 euros sont perçus par les uns et non les autres sans autre justification que l’âge : avoir ou non 18 ans.

Ce constat a déjà été maintes fois rapporté par les professionnels du secteur, des groupements d’associations, le délégué général aux droits de l’enfant, et ce aux administrations compétentes mais aussi au pouvoir politique mais sans aucun résultat à ce jour. On nous renseigne que des concertations sont mises en place. Point.

Le Conseil de l’Aide à la Jeunesse de Mons a interpellé le Conseil Communautaire de l’Aide à la Jeunesse pour sensibiliser les pouvoirs politiques compétents sur cette différence sans justification.

C’est l’avis 107 ci-après :

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Avis 107

Voici le courrier du CAAJ :

PDF - 27.1 ko
Lettre CAAJ

Par Benoît Moury, directeur à l’AMO Transit.

Pièces jointes