Accueil du site - Parents - Harcèlement à l’école : la vigilance est de mise

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Insultes, moqueries, bousculades, exclusion… Lorsque la cible est sans cesse le même élève, il peut être considéré comme « bouc émissaire », « tête de Turc » et, ne pesons pas les mots, victime de harcèlement. Ce phénomène est sournois, puisqu’il peut se dérouler sans trop se faire remarquer, et il est aussi complexe. Voici quelques éléments pour mieux l’appréhender.

Quoi ?

On peut décrire le harcèlement subi par trois caractéristiques. Tout d’abord, les actes de violence ordinaire ne sont pas tous effectués avec la volonté explicite de nuire, c’est-à-dire qu’ils ne renvoient pas nécessairement à la volonté de faire le mal et a fortiori d’être cruels, mais peuvent justement être l’expression d’un manque de construction de la volonté du sujet. Ensuite, les agressions sont répétées et s’inscrivent dans la durée, ce qui fait qu’elles “usent”. Enfin, la victime n’est pas ou ne se considère pas en mesure de se défendre.

En résumé, le phénomène est grave lorsque c’est toujours le même élève qui est victime, quand il y a un déséquilibre des forces entre les tyrans et leur cible, une relation dominé-dominant.

Pourquoi ?

Souvent, le bouc émissaire est pointé du doigt parce qu’il est, en quelque sorte, différent des autres :

-  il est un excellent élève, un “intello”, et les autres en sont jaloux,
-  il est le seul élève à habiter dans un quartier pauvre, ou au contraire riche,
-  il est physiquement différent : petit, gros, roux, il porte des lunettes...
-  il a un comportement différent : timide, maladroit...
-  il a un handicap,
-  …

Mais ces caractéristiques n’expliquent pas à elles seules le phénomène.

D’une part, le bouc émissaire manifeste souvent un manque de résistance et de défense aux agressions, ce qui le transforme en cible facile du brimeur qui exerce sur lui son agressivité, son besoin de pouvoir et de domination.

D’autre part, le bouc émissaire remplit une fonction dans la dynamique du groupe classe : il cristallise les angoisses, tensions, conflits, rivalités et il tient le rôle d’un “ennemi” commun qui rassemble, construit et rassure le groupe.

Enfin, la relation brimeur/brimé ne peut exister que grâce à la connivence du groupe composé de supporters actifs ou passifs, souvent anxieux de devenir à leur tour des victimes.

Comment ?

Pour ces raisons, qui ne devraient pas en être, la victime subit un harcèlement qui peut prendre plusieurs formes : moqueries, insultes, menaces physiques, exclusion, propagation de fausses rumeurs... qui visent à la faire rejeter des autres. Ayant moins d’amis pour le défendre, cet enfant est une victime de plus en plus facile.

Ce harcèlement est parfois le fait d’un groupe d’élèves. Ce groupe, outre un ou des meneurs, comporte des « agresseurs passifs » qui sont avant tout entraînés par l’effet de groupe et peuvent présenter un profil de personnalité dépendante et manquer d’assurance.

Conséquences ?

Les réactions en tant que bouc émissaire sont diverses : peine, énervement, envie de répondre, ils restent figés, envie de crier, de frapper, frustrations...

Le harcèlement peut avoir des effets à court terme sur la victime :
-  décrochage scolaire, voire déscolarisation,
-  chute soudaine des résultats scolaires,
-  désocialisation, anxiété, dépression,
-  somatisation (maux de tête, de ventre, maladies),
-  idées suicidaires.

A plus long terme, le harcèlement peut avoir des conséquences importantes sur le développement psychologique et social de l’enfant et de l’adolescent : sentiment de honte, perte d’estime de soi, difficulté à aller vers les autres, développement de conduites d’évitement.

Que faire ?

En tant que parent, il faut tout d’abord être vigilant, et donc observer le comportement de son enfant, discuter avec lui, même « l’air de rien », afin de détecter d’éventuels signes de harcèlement.

S’il s’avère qu’il est le « bouc émissaire » au sein de sa classe, il est important de lui apporter une écoute attentive et un soutien. Et si le parent est en première ligne pour remplir ce rôle, d’autres peuvent apporter une réponse plus professionnelle, mais aussi gratuite et confidentielle :

-  le professeur,
-  le Centre PMS présent dans les écoles,
-  l’Aide en Milieu Ouvert, comme l’AMO Transit,
-  le service Ecoute Enfants joignable au numéro téléphonique : 103, tous les jours de 9h à minuit.

Pour agir face à ce phénomène de bouc émissaire, le prévenir ou le freiner, l’AMO Transit a développé l’animation de groupe "Vide ton sac !". Pour plus d’infos : http://amotransit.be/Vide-ton-sac,15

Références :
- Wikipedia.org
- Philippe Meirieu, "Quelle parole face à la violence ?", La nouvelle revue de l’adaptation et de la scolarisation, N°53, 2011.

Par Alicia Alongi, en collaboration avec Maria Morelli et Brigitte Blanc du personnel psycho-social de l’AMO Transit.